La face cachée des tomates
[Par Rémi Mer - 07/07/2009]
Le greffage des plants de tomate s’est imposé comme une voie royale pour maîtriser les risques sanitaires. Un domaine d’excellence pour la société De Ruiter Seeds, qui a réuni ses partenaires à Nantes pour faire le point sur les résultats de terrain.
On n’imagine pas assez les efforts de sélection derrière les tomates présentées en linéaires. Rondes ou grappes, elles sont là toute l’année, mais pas uniquement par la grâce de Dame Nature. En l’occurrence, la production en serres laisserait à penser un contrôle parfait ou presque des conditions environnementales. Dans ces facteurs de réussite, le choix des variétés reste la base de toute production, sous réserve de maîtriser deux objectifs pas faciles à concilier : la vigueur des plants (conduite végétative) et la capacité productive des plants en fruits (conduite générative). Le couple porte-greffes-greffon est alors une piste encourageante pour atteindre le bon compromis adapté à chaque situation climatique, pour une bonne tenue des plants sur toute la campagne. Les producteurs présents ont rappelé qu’une bonne saison et partant une rentabilité satisfaisante se jouaient dans les deux derniers mois d’automne.
En quelques années, la technique de greffage fait un retour en grâce remarquable au point de devenir la règle et de représenter la quasi-totalité des plants de certaines entreprises pépiniéristes. De son côté, la société De Ruiter, fort de ses investissements de longue date en la matière, s’est engouffrée dans cette brèche. Et quelle que soit sa situation juridique demain (l’entreprise va passer prochainement dans le giron du géant Monsanto), elle entend conforter son leadership et sa notoriété sur ce créneau. Les résultats obtenus en station d’essai ou en serre directement chez les producteurs montrent l’intérêt de disposer de porte-greffes différents et adaptables à chaque terroir. La journée a d’ailleurs permis de présenter deux nouveaux porte-greffes, Optifort et Unifort, en complément des deux ténors en place, à savoir Maxifort et Beaufort, tous positionnés de manière sélective sur les critères de base : vigueur et générativité. Mais la technique de greffage est elle-même appelée à évoluer, avec des greffages différenciés sur 1 ou 2 têtes (voire 3), et des objectifs de productivité très différents selon les modes de production.
En outre, cette technique doit intégrer dès à présent les nouvelles contraintes de production. Cela va de la consommation d’énergie nécessaire à la pousse et à la puissance des plants, à la gestion des maladies, celles bien connues comme les nématodes, le botrytis, le virus Pepino… ou plus émergentes comme Agrobacterium. Pas facile finalement d’assurer de belles grappes de tomate irréprochables. C’est le métier des producteurs de jongler avec les différentes variables. Du grand art, le plus souvent !









