Un été chaud pour les F&L italiens
[Par Corinne Gosse - 25/08/2009]
Les principales productions d’été italiennes, melons, pastèques, pêches et nectarines ont été durement touchées par la crise.
“Un été dramatique pour le secteur des fruits et légumes”, déclare Duccio Caccioni, directeur marketing et qualité du CAAB de Bologne. “Les prix à la production des melons sont arrivés à 30 centimes le kilo, les pastèques ont été payées de 5 à 10 centimes le kilo.” Malgré l’offre abondante et des prix exceptionnellement bas à la production et sur les marchés de gros, la demande n’a pas repris. “Un fait qui demeure pour certains inexplicable”, poursuit Duccio Caccioni. “En réalité, les prix pratiqués par les enseignes des GMS sont fréquemment très élevés avec des marges pouvant atteindre jusqu’à 300%.”. Un ras-le-bol des producteurs qui se fait désormais entendre en Italie où dans certaines régions des arboriculteurs ont, à l’instar des agriculteurs français, manifesté devant les supermarchés. “En Emilie-Romagne, la région où sont cultivées 1/3 des pêches et nectarines du pays, les agriculteurs craignent encore une fois, de devoir recourir à l’arrachage des vergers.” Pour faire face à la crise du secteur des pêches et nectarines et soutenir la consommation, l’Emilie-Romagne a été à l’origine d’un accord, le premier de son genre en Italie. Mi-juillet, l’Assessorat régional à l’Agriculture a convoqué l’ensemble des acteurs de la filière: producteurs, industrie et grande distribution. Au terme de cette réunion un accord a été signé avec les principales enseignes de la région (Coop, Conad, Esselunga et Auchan). Cet accord a permis de garantir aux producteurs de pêches de l’Emilie-Romagne un prix permettant de couvrir les coûts de production (au lieu des quelque 20 centimes rétribués jusque-là, un prix obligeant de fait à produire à perte) tandis que les GMS se sont engagées à vendre le produit (calibre A) à un prix ne dépassant pas 1,20 € le kilo pour le consommateur. Deux emballages ont été prévus: le panier de 1,5 kg avec un prix maximum de détail de 1,80€ et le carton de 2 kg vendu au maximum 2,40€. En Emilie-Romagne les coûts de production en campagne tournent autour de 0,40 à 0,45 centimes /kg. Les coûts de sélection, conditionnement, étiquetage, expédition et transport sont de l’ordre de 0,40 à 0,45 centimes par kilo. Par ailleurs, un paquet de mesures financières a été mis en œuvre par la Région afin de faciliter l’accès au crédit des producteurs de fruits et légumes. Les associations de producteurs ont applaudi à cette initiative de la Région Emilie-Romagne. Mauro Dal Bosco, producteur associé à Agrintesa, cultive 6,5 ha de pêches et nectarines à Bagnara, au coeur de la Romagne témoigne. “Cette année en juillet j’ai reçu pour la production standard destinée au marché du frais de 18 à 25 centimes par kilo, c’est-à-dire un prix identique à celui du produit destiné à la transformation en 2008 !”. Cette année, les prix de l’industrie de transformation tournent pour leur part autour de 7 à 8 centimes.
Il salue l’accord conclu avec les GMS.“Pour moi, cet accord n’a pas eu une grande influence en termes économiques car les volumes concernés étaient réduits par rapport au marché global. Mais il a eu surtout une grande valeur symbolique car des prix corrects ont enfin été fixés pour chacune des parties: producteur, coopérative, grande distribution. C’est en quelque sorte une reconnaissance de notre travail. Pour être vraiment efficace, il faudrait qu’un tel accord concerne des volumes beaucoup plus importants.”









