Pommes de terre primeur : alerte rouge
[Par Rémi Mer - 16/07/2009 © Photo xdr]
Les producteurs de pommes de terre de l’Ouest (du Nord de la Bretagne aux îles de l’Atlantique) ont sonné l’alarme lors d’une conférence de presse à Rennes début juillet.
A leurs yeux l’avenir de leur production est tout simplement menacé par les opérateurs de pommes de terre de conservation qui ne jouent plus le jeu. Les stocks de pommes de terre de l’an dernier sont si importants dans les frigos que les négociants et les grossistes privilégient les vieux tubercules au détriment des primeurs. Du coup, ces derniers ont beaucoup de mal à se faire une toute petite place dans les linéaires. « D’année en année, la situation se dégrade », lance Pierre Gélébart, responsable produit à Prince de Bretagne. « Le début de saison se décale de la mi-mai puis début juin, ou la mi-juin », rajoute-t-il. La situation de cette année est pire que tout, le marché n’a pas décollé. « On écoule à la semaine des tonnages que l’on faisait à la journée auparavant », précise Pierre Gélébart. Et ce n’est pas les dégagements actuels, ni les dérogations de fin de saison (autorisation de ventes jusqu’à la mi-août) qui sauveront la face. À ce rythme-là, c’est toute la production de bassins comme la Bretagne Nord ou celle des îles de Noirmoutier et Ré qui est visée. Déjà les tonnages sortis avaient terriblement chuté en 10 ans en Bretagne, où la production a été divisée par 3 sur cette période. Une rencontre est prévue à l’automne sous l’égide du CNIPT pour faire un bilan. Mais d’ici là, il y aura sûrement des dégâts dans les champs et dans les trésoreries des producteurs et autant d’amertume à mettre sur la table…









