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Gestion de la crise fruits et légumes : vers des avancées substantielles

Image 1.png[Par Jean Harzig - le 3/09/2009]
Il est notamment question de ramener le coût horaire de la main d’œuvre saisonnière à 9 euros.

Qualifiée par le ministre de l’Agriculture comme la plus grave depuis plus de 30 ans, la crise traversée par le secteur serait-elle de nature à faire enfin bouger les lignes sur un certain nombre de fronts restés sans ouverture depuis des années ? C’est ce dont semble témoigner Bernard Reynès, député maire de Chateaurenard (Bouches du Rhône), très engagé dans le groupe de travail fruits légumes de l’Assemblée nationale, qui nous a fait part, suite à la réunion avec le ministre du mercredi 2 septembre, des pistes de travail et des avancées en cours. Sur le fond, le ministre de l’Agriculture confirme la nécessité du maintien à long terme de la production hexagonale de fruits et légumes, tant pour des raisons d’aménagement du territoire, que de sécurité alimentaire, ou encore économiques et sociales.

IL semble désormais bien acté que la crise actuelle est internationale et que les ouvertures concédées par l’UE à l’OMC commencent à peser lourd sur la filière. L’enjeu de la compétitivité est enfin compris, notamment sous sa dimension coût de l’heure de travail de saisonniers, estimé à une fourchette de 11 à 13 euros dans l’Hexagone, contre 6 à 8 dans la plupart des pays de l’UE. Le sujet n’est plus tabou et il est question de ramener le coût horaire du saisonnier agricole à 9 euros, ce qui constituerait une remise à niveau substantielle de la compétitivité de la ferme France. Dans le même temps, une commission d’enquête pour être mise en place sur les conditions de travail des saisonniers agricoles au sein de l’UE. Par ailleurs, une assurance export devrait être mise en place dés le 8 septembre, notamment à l’intention des exportateurs de pommes. Par ailleurs, des négociations politiques sont en cours avec la Russie au sujet d’obstacles phytosanitaires qui ressemblent fort à des barrières douanières déguisées. L’Observatoire des prix et des marges devrait être réactivé très vite afin de rendre le 8 octobre un rapport sur le déroulement du marché au cours de cette saison : « nous ressentons un vrai besoin de transparence et de traçabilité sur les prix », insiste Bernard Reynès. « Et la récente loi LME a renforcé la loi du plus fort ». Et le député souhaiterait que les GMS se montrent définitivement raisonnables en matière de marges. Mais en faisant dans le même temps pression pour que la production se regroupe et se structure enfin : « on ne peut rester éternellement à 30 000 producteurs face à 6 centrales d’achat : ce rapport de force est intenable et meurtrier ». L’Etat devrait donc s’engager dans une forme de soutien plus active en faveur des producteurs qui s’organisent. Conscient des enjeux de la taxe carbone, mais aussi du mouvement engagé avec le Grenelle de l’environnement, Bernard Reynès évoque une détaxation totale et immédiate des agriculteurs qui investiront dans les énergies renouvelables. Sur le plan phytosanitaire, deux approches sont envisagées : d’abord une harmonisation des pratiques avec l’Espagne dans le cadre d’une commission qui devrait se réunir très rapidement, de l’autre l’idée de mettre en exergue la qualité supérieur des fruits et légumes français obtenus avec le plus haut niveau de contrainte. Enfin, concernant la condamnation européenne des aides touchées par la filière F&L française, le ministre a confirmé qu’il était exclu de faire payer les producteurs. De là à déterminer qui doit payer…