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Compétitivité de la filière F&L : le chemin sera long !

122917906910.jpg[Par Jean Harzig - 24/09/2009]
Conformément aux engagements pris début août, les ministres de l’Agriculture, Bruno Lemaire, du commerce et de l’artisanat et des PME, Hervé Novelli, ont réuni les représentants des producteurs et des distributeurs de fruits et légumes mardi 22 septembre afin d’engager les travaux relatifs à la compétitivité de la filière.

Si diverses mesures ont été annoncées, tant sur les plans structurel que conjoncturel, nul doute que l’on est encore loin du compte, estiment les fédérations des producteurs de fruits et de légumes et que le différentiel horaire de coût de main d’œuvre saisonnière entre la France et l’Allemagne (5 euros de moins dans ce dernier pays) est loin d’être comblé. Or là réside bien le paramètre majeur de distorsion de compétitivité… Pour autant, il serait injuste de nier le volontarisme du ministre de l’agriculture  sur ce dossier, même si nombre de décisions relèvent davantage du gouvernement que de lui-même. D’ailleurs, le communiqué de presse du Ministère de l’agriculture parle à de multiples reprises de « souhaits » du ministre, bien plus que de décisions ou d’engagements…
Parmi les mesures phare, le crédit export devrait être disponible à partir de fin septembre, ce qui est bien, mais les exportateurs de pommes auraient  beaucoup gagné s’il avait été mis en place plus tôt. Sur la question du coût du travail saisonnier, un consensus s’est dégagé pour s’orienter vers une diminution des charges patronales, mais ce n’est pas encore gagné ! Bruno Lemaire a également émis le « souhait » de progresser sur le terrain de la contractualisation de la cogénération énergétique et sur l’harmonisation des pratiques phytosanitaires européennes…
Concernant les relations commerciales, les ministres ont fait pression sur les distributeurs pour parvenir à la suppression des remises, rabais et ristournes en situation de crise. L’encadrement des pratiques commerciales par le biais d’une contractualisation écrite est également à l’ordre du jour. Très préoccupée de la crise du secteur, l’Union Nationale des Commerces de Gros en fruits et légumes estime cependant que les bonnes pratiques commerciales relèvent plus des opérateurs que du législateur et témoignent du degré de maturité d’une profession et d’une filière : dont acte !
S’agissant des produits transformés, les ministres se sont engagés à demander la modification de la réglementation communautaire afin d’indiquer l’origine française des produits transformés sur les étiquettes : en la matière, il y a en effet une vraie distorsion entre produits frais et produits transformés.
Rendez vous est pris pour la fin octobre afin de faire le bilan des avancées et d’aborder d’autres sujets comme l’organisation et la structuration de l’amont de la filière. Une réunion spécifique « fruits et légumes » sera organisée dans le cadre du groupe « compétitivité et revenus » du grand débat préparatoire à la loi de modernisation de l’agricullture (LMA) lancé le 14 septembre.