Macfrut : 25ème édition du salon de la filière italienne
[Mardi 22 avril 2008 - 10 h 00]Au cœur du bassin de production et d’expédition d’Emilie-Romagne, Macfrut demeure le rendez-vous annuel de la filière italienne, lieu de tous les échanges et de tous les débats.
La manifestation qui s’est tenue pour la première fois en 1984 a accompagné l’évolution de la filière italienne qui facture annuellement quelque 22 milliards d’Euros et a encore exporté en 2007 3,6 millions de tonnes de produits. Depuis 25 ans, le salon de Cesena a été le lieu où étaient présentées les nouvelles technologies de l’emballage et du conditionnement, le lieu aussi où les acteurs de la filière ont pu acter les évolutions du marché italien et mondial, débattre sur leur organisation et leur stratégie.
Cet aspect est sans aucun doute l’une des grandes réussites de ce salon. Macfrut est bien né, installé dans le parc des expositions de Pievesestina, à deux pas du marché aux fruits et légumes et d’une zone industrielle où siègent de grands acteurs de la filière italienne, metteurs en marché, fabricants, de machines, d’emballages… Mais le temps fait son œuvre et les formules conçues pour assumer les enjeux d’une époque peuvent avoir besoin de renouveau. Les organisateurs de Macfrut n’ont certes pas démérité et le salon a sensiblement évolué avec le temps, allant même jusqu’à se déplacer au Sifel Maroc… Mais il souffre désormais de la concurrence envahissante de Fruit Logistica, le salon qui ne cesse de monter et aspirer tout ce qui traite de fruits et légumes frais en Europe. Ainsi, beaucoup de semenciers majeurs ont-ils fait l’impasse sur Cesena cette année au profit de Berlin. On aura remarqué de même que les cartonniers ne se sont pas déplacés, hormis au travers d’une collective censée les représenter tous. Par contre, les grandes organisations de producteurs et autres « consorzio », les grands opérateurs privés de mise en marché, sont toujours très présents à Macfrut, mais peut-être plus pour y rencontrer leurs adhérents que pour y accueillir les clients de la grande distribution italienne ou étrangère. Quoique ! Quelques grands exportateurs italiens se sont présentés collectivement sur un vaste stand commun circulaire, non cloisonné, sous la bannière « Top Italian Fruit Together Worldwide » : "c’est une sainte alliance, qui illustre notre volonté de nous unir dans notre effort d’exportation », commentait Luca Granata, le brillant directeur de la coopérative Melinda. Ce stand commun finalisé en une quinzaine de jours juste avant le salon illustrait une volonté d’agir plutôt que de structurer à tout prix. « Avec 300 000 tonnes de pommes, Melinda représente 3 % du marché européen. Si nous disparaissions du jour au lendemain, le consommateur européen ne s’en rendrait pas compte. La fragmentation de
l’agriculture demeure un problème majeur ! ».
Outre cette initiative, la nouveauté de ce 25ème Macfrut était l’espace dédié aux Fresh cuts, auquel s’étaient ralliés une quinzaine d’opérateurs italiens. L’idée rappelle évidemment Berlin, mais la mise en scène est nettement plus réussie de par l’homogénéité du concept et des stands identiques dédiés à chaque entreprise. Macfrut continue d’évoluer, mais cela n’empêche pas aussi les exposants de souhaiter un déménagement radical, vers Rimini ou vers Bologne, pour de plus grandes facilités logistiques et hôtelières, ainsi qu’un parc d’expositions plus vaste. Mais la fuite en avant est-elle la réponse ? Faut-il toujours plus grand ? Macfrut est resté très proche de la filière fruits et légumes. Serait-il judicieux de l’en éloigner, de grandir au risque de perdre son âme ?
l’agriculture demeure un problème majeur ! ».Outre cette initiative, la nouveauté de ce 25ème Macfrut était l’espace dédié aux Fresh cuts, auquel s’étaient ralliés une quinzaine d’opérateurs italiens. L’idée rappelle évidemment Berlin, mais la mise en scène est nettement plus réussie de par l’homogénéité du concept et des stands identiques dédiés à chaque entreprise. Macfrut continue d’évoluer, mais cela n’empêche pas aussi les exposants de souhaiter un déménagement radical, vers Rimini ou vers Bologne, pour de plus grandes facilités logistiques et hôtelières, ainsi qu’un parc d’expositions plus vaste. Mais la fuite en avant est-elle la réponse ? Faut-il toujours plus grand ? Macfrut est resté très proche de la filière fruits et légumes. Serait-il judicieux de l’en éloigner, de grandir au risque de perdre son âme ?






