Améliorer la compétitivité des ports français
[Mercredi 16 avril 2008 - 9 h 00]Tel est le sens de la réforme engagée par l’Etat sur laquelle le ministre Dominique Bussereau s’est récemment exprimé dans un entretien à notre confrère « Le Monde ».
Magnifiquement placée en termes de façades maritimes, la France brille par la contre performance de ses infrastructures portuaires dont la part dans le trafic européen de conteneurs est passée de 11,6 % en 1989, à 6,2 % en 2006. Les temps de chargement/déchargement sont particulièrement en cause, ce qui expliquerait que 15 à 20 % des marchandises destinées à la France transitent par des ports néerlandais ou belges… D’où un plan de relance en quatre points que l’Etat voudrait faire passer sans trop de vagues, par la concertation. La première mesure serait une réorganisation globale de la manutention qui vise à réintégrer l’ensemble des outils (grues et portiques)) et de la main d’œuvre dans les entreprises de manutention qui gèrent les terminaux portuaires. Du coup, le service public, c’est-à-dire les autorités portuaires, devrait se recentrer sur l’aménagement et la gestion du domaine portuaire : la priorité sera donnée aux dessertes ferroviaires et fluviales, dans la logique de développement durable issue du Grenelle de l’environnement. 367 millions d’euros devraient y être affectés par l’Etat de 2007 à 2013. Enfin, le statut et la gouvernance des ports autonomes seront simplifiés et modernisés avec un renforcement du rôle des collectivités locales et l’établissement d’un conseil de développement associant l’ensemble des acteurs de la place portuaire.
Un ensemble de précautions et de mesures sociales est prévu pour accompagner ce plan et le rendre acceptable par toutes les parties, notamment le monde des dockers. Selon ses promoteurs, la réussite de cette réforme devrait permettre de créer à terme plus de 30 000 emplois dans le secteur portuaire, notamment les activités de transport et de logistique. Rappelons enfin que les infrastructures portuaires pourraient être rapidement le principal goulet d’étranglement du développement des échanges mondiaux. De l’enjeu de les rendre le plus performantes possible.






